• Sonia Laverny

Le toucher, indispensable au bien-être

Depuis mars nous associons "gestes" à "barrières" et on craint d’être un "cas contact". Alors que nous rêvons tous de prendre nos proches dans nos bras, nous prenons conscience de l’importance de la connexion avec les autres. Le virus enlève le goût et l’odorat pour certains, mais nous prive tous d’un sens qu’on a tendance à oublier : le toucher. Pourquoi le toucher est-il si important et comment compenser ce manque ?


Une forme de langage

Commençons par le début : nos cousins les animaux sociaux. Pour de nombreux mammifères, le toucher est un vecteur important de lien social. Si les primates passent 15% de leur temps à se papouiller, ce n’est pas que pour se chercher les poux mais pour former des alliances : les chimpanzés partagent leur nourriture avec ceux qu’ils viennent de câliner.

En passant du primate à l’homme, le toucher s’est enrichi pour devenir une forme de langage. On l’utilise pour communiquer nos émotions, remplacer les mots ou souligner ce que l’on veut dire. Une tape sur l’épaule pour encourager, un câlin pour réconforter, se serrer la main pour marquer un rapprochement ou un accord, se faire 1,2, 3 ou 4 bises pour se saluer... Le toucher nous connecte, nous rassemble, consolide le groupe. Des chercheurs ont même observé que les équipes de basket dans lesquelles les joueurs échangent le plus de gestes ritualisés comme des check ou accolades, gagnent plus de matchs !


Un besoin physiologique

Au-delà de ce lien social et émotionnel entre individus, le toucher est un besoin physiologique. Le toucher est le premier sens à se développer in utero. Il est ressenti sur la peau, notre plus grand organe. Toutes les maternités encouragent le « peau à peau » dès la naissance. Au-delà du lien d’attachement facilité avec les parents, cela aide le bébé à réguler sa température et son rythme cardiaque et diminue son stress. Si le bébé est prématuré, la « méthode kangourou » aide aussi la maturation de son système nerveux et améliore le pronostic de développement à long terme. A l’inverse, les bébés qui sont privés de contacts dans leurs premiers mois souffrent de retards de développement du cerveau et du comportements.

Le toucher reste un besoin vital tout au long de la vie. Par exemple, le contact physique avec un soignants diminue le stress des patients avant une chirurgie. Dans les maisons de retraite, cela améliore l’appétit des personnes âgées.

Au niveau biologique, on commence à comprendre pourquoi le toucher est si important. Les études montrent qu’une caresse amicale ou bienveillante réduit les facteurs reliés au stress (pression sanguine, rythme cardiaque, niveau de cortisol) et déclenche la libération d’ocytocine, l’hormone qui apporte les sensations de calme et relaxation. Quand on serre un ami dans ses bras ou qu’on caresse son animal de compagnie cette hormone répand une sensation de bien-être dans votre corps.

Comment faire sans contact?

Vous n’aviez pas forcément besoin de ces explications scientifiques pour savoir que ces satanés gestes barrières sont difficiles à respecter! La distanciation sociale pèse sur nous car le manque de contacts avec nos proches va à l’encontre de nos besoins physiologiques. Et cela laisse des cicatrices invisibles sur notre peau.

Pour certains, la période est si difficile à vivre physiquement et émotionnellement qu’il semble parfois plus facile de se couper entièrement de ses sensations et de se mettre en apnée devant la télévision ou sur son téléphone. Quand on se déconnecte des autres, on se déconnecte petit à petit de soi-même. Il faut donc cultiver consciemment, chaque jour, tout ce qui vous aide à vous sentir bien : respirer profondément, parler avec ceux qu'on ne peut pas voir, profiter de la nature autour de chez vous, et si vous le pouvez évidemment des câlins avec vos proches, votre chat, votre chien... c'est le moment d’adopter un animal!


En attendant de retrouver vos proches, vous pouvez aussi vous reconnectez-vous avec vous-même grâce au toucher thérapeutique de la Thérapie Craniosacrale. Ce contact doux, réceptif, à l’écoute, a montré son efficacité pour réguler le système nerveux, réduire le stress et les douleurs. Tout en soulageant les tensions, on aide le corps à se mettre à un rythme plus lent, comme un bercement pour vous aider à retrouver votre calme. Le cabinet reste ouvert pendant le confinement, avec masques, désinfection et aération avant chaque rendez-vous, évidemment.

Notre système nerveux a besoin des autres, de contact, de caresses. Le toucher est une forme de langage à la fois primitive et sophistiquée. Cette distance forcée ne durera qu’un temps. C’est notamment par le toucher et le contact que l’on pourra réduire ensemble notre niveau de stress et retrouver le bien-être.

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Sources : Dacher Keltner, professeur de psychologie, University of California, Berkeley. Laura Crucianelli, chercheuse en neuroscience, Karolinska Institute de Stockholm, associée de recherches à University College London.

Photo : Dirk Rabe et bingngu93

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