• Sonia Laverny

Migraine, ma meilleure ennemie

Longtemps sous-estimée ou moquée, la migraine est une maladie difficile à vivre, complexe, sans remède. Elle m’a appris la patience et l’humilité… mais aussi l’espoir ! Voici mon expérience personnelle et professionnelle de cette maladie et comment la Thérapie Craniosacrale peut aider les migraineux.


Qu'est-ce que la migraine?

Avant tout, quelques rappels pour se débarrasser des fausses croyances sur cette maladie. Non, la migraine n’est pas un problème de bonne femme : elle touche 20% des femmes, mais aussi 10% des hommes et 5% des enfants. Elle n’est pas non plus un prétexte pour éviter le devoir conjugal, ni un problème psychologique. C’est une maladie neurologique complexe encore partiellement incomprise et qui ne se soigne pas. Engin, la migraine n’est pas juste un mal de tête. Les crises très douloureuses durent de 4h à 3 jours et s’accompagnent de sensibilité au bruit, à la lumière, de nausées, vomissements, troubles de la vision, etc. Ces crises invalidantes se répètent jusqu’à 15 fois par mois pour les patients les plus sévères et entrainent 1,5% des journées de travail perdues dans le monde d’après l’OMS.


Derrière cette liste de chiffres, je revois les visages de mes clients. Celle qui a des crises tellement violentes qu’elle doit être hospitalisée. Celui qui vomit dans les toilettes du bureau. Celle qui en a marre d'annuler les restos et de s'éloigner de ses amis pour s'enfermer dans le noir. Celle qui devient sourde et a le vertige à chaque crise. Celui qui fonctionne avec un demi-cerveau 1 jour sur 3. Au-delà des douleurs et de l’absentéisme scolaire ou professionnel, la maladie a un impact majeur sur leur vie personnelle.


D'où ça vient? Pour des raisons encore inexpliquées, les migraineux ont un système nerveux hypersensible. Leur cerveau réagit trop fort à des stimulations qui sont anodines pour la plupart des gens. Ces facteurs déclencheurs diffèrent suivant les migraineux, mais on retrouve souvent le cycle menstruel, le stress et les variations émotionnelles, la génétique, la fatigue, l’alimentation, certaines odeurs, la météo, le changement de rythme semaine/weekend… Dans un enchaînement complexe, ces stimulations créent une surexcitation nerveuse qui se reporte sur le nerf trijumeau. Cela entraine la dilatation et l’inflammation des vaisseaux sanguins des méninges, d’où la douleur sur tout le côté de la tête. Migraine vient du grec moitié de crâne.


Peut-on soigner la migraine ?

Malheureusement, la migraine ne se soigne pas. Les médicaments visent à limiter la douleur pendant les crises (anti-inflammatoires, tryptans) ou à réduire leur fréquence (bétabloquant, antiépileptique). De nouveaux médicaments, les anti-CGRP, créent un espoir pour les patients sévères. Mais ils ne sont pas remboursés et l’injection mensuelle coute... dans les 500€! D’après le neurologue, j’ai eu de la chance : diagnostiquée avant 25 ans, juste 2 crises par mois, réceptive aux tryptans. Faut juste accepter de passer 36 heures dans un brouillard pâteux pour chaque cachet avalé, mais au moins plus de douleur – le choix est vite fait. De nombreux malades sévères naviguent des mois en errance thérapeutique. Ils jonglent entre les molécules, la douleur, la résistance aux traitements et des effets indésirables allant des troubles digestifs aux difficultés d’élocution, pertes de mémoire et risques d’accoutumance.


Alors, la priorité est d’éviter les stimulations qui emballent leurs cerveaux hypersensibles. Mais il faut du temps pour identifier ces facteurs déclencheurs, qui sont parfois difficiles à supprimer. Arrêter le vin blanc, c’est facile. Limiter les odeurs de parfum dans les transports, les changements hormonaux ou le stress c’est plus compliqué. Comme le cerveau a besoin de régularité pour ne pas sur-réagir, 1 malade sur 4 s’astreint à un mode de vie sobre et routinier. Cela peut rendre la vie sociale, familiale et professionnelle compliquée. Et cela finit par affecter le moral… Ce n’est pas la déprime qui donne la migraine mais bien l’inverse!


La Thérapie Craniosacrale peut aider les migraineux

Le chemin peut être long avant d'avoir le bon traitement, savoir quels déclencheurs éviter. Une fois que le malade a trouvé un semblant d’équilibre, il a peur de modifier quoi que ce soit. Ce qui m'a décidé, c'est quand, jeune maman, je ne voulais pas prendre de médicaments pendant l'allaitement. Alors j'ai essayé plein de médecines douces (en gardant mes tryptans dans le sac au cas où). Jusqu'à ce que je rencontre la Thérapie Craniosacrale et que mes migraines, qui avaient un peu diminué, s'évaporent complètement pendant 7 ans. Cette quête m'a menée plus loin que je pensais car, en chemin, je suis devenue thérapeute!

La Thérapie Craniosacrale est une approche manuelle très douce, issue de l’ostéopathie. Son nom imprononçable vient du système craniosacral, qui entoure et protège le système nerveux central, du crâne jusqu'au sacrum, l'os en bas de la colonne vertébrale. Elle agit en profondeur pour aider votre corps à "débrancher l'alarme", calmer le stress physique et émotionnel. Cet effet calmant est bénéfique pour tous, plus particulièrement pour les migraineux dont les crises sont déclenchées ou aggravées par le stress.


Le thérapeute utilise un toucher thérapeutique très doux. Différent d’un massage ou d’une manipulation, il s’agit plutôt d’une écoute de vos tensions, notamment sur les fascias et les méninges, là où les vaisseaux sanguins se dilatent pendant la crise. En aidant ces membranes à se débarrasser de leurs tensions, on améliore la circulation des fluides, on donne de l’espace autour de la tête, du cou, de la colonne vertébrale ou d’autres zones du corps qui peuvent être reliées aux déclencheurs, comme le système hormonal ou digestif. Cela aidera le corps à réagir moins fortement lors des crises.


Mais surtout, l’essence de cette thérapie est de suivre les indications du corps. Au lieu de forcer une technique qui risquerait de déclencher une migraine, on donne du temps et de l'espace à votre corps pour le laisser se libérer à son rythme. Les migraineux ont des systèmes nerveux hypersensibles, pris dans un étau de déséquilibres et de tensions qui leur est propre. Aucun migraineux ne se ressemble, il n'y a pas de recette magique. Le traitement ne peut être que personnalisé et dicté par le corps.


Quels résultats peut-on espérer ?

La thérapie Craniosacrale peut aider les céphalées et migraine(*). Aider ce n’est pas supprimer, c’est réduire l’intensité et la fréquence des crises. Il faut rester humble avec la migraine. Je suis bien placée pour le savoir : après plusieurs années sans crise, les tryptans légers sont de retour dans ma pharmacie depuis mars 2020 et un certain confinement. On reste toujours migraineux... mais on peut vivre mieux avec.


Mon expérience est difficilement reproductible en cabinet puisque j’ai bénéficié de traitements intensifs lors de formations. Mais voici comment la Thérapie Craniosacrale a aidé trois de mes clients migraineux. Une femme de 39 ans a vu ses crises passer de 2 à 1 par mois et devenir moins douloureuses en 6 séances. Un homme de 29 ans, migraineux sévère (plus de 10 crises/mois) avec d'autres pathologies a eu des progrès réguliers sur les 4 premières séances. Puis il a atteint un plateau mais a continué à venir. Après la 8ème séance, la fréquence et surtout l’intensité de la douleur ont encore beaucoup baissé, entrainant une spirale positive sur sa vie personnelle et professionnelle. Une autre femme de 42 ans avait 1 crise par mois très invalidante. En 4 séances, la douleur a diminué de 8/10 à 4/10 permettant de limiter la prise des médicaments.

Ces exemples illustrent comment, au fil des séances, le système nerveux réagit moins fortement aux déclencheurs. Et quand le corps est plus apaisé, qu'il a plus d'espace, il nous montre comment travailler avec des tensions plus profondes et amener des changements pérennes. Comme le thérapeute se laisser guider par l’intelligence de guérison du corps, cela réduit le risque de crise après la séance. Mais il n’y a pas de magie, il faut de la régularité et accepter que les progrès ne seront pas forcément linéaires. Je conseille au minimum 3 séances, plus généralement 5 à 10 séances pour des progrès durables.


J'espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre ce que vive les migraineux. Si vous avez un proche, un ami, un collègue qui souffre de migraines, n'hésitez pas à lui faire suivre cette lecture, cela pourra peut-être lui donner de nouvelles pistes pour mieux vivre avec sa maladie.

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Sites à consulter pour la migraine : La voix des migraineux

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* Etudes : University of Akureyri, Meta-analyse University of Duisburg-Essen, Université North Carolina